Front Q(UEER)

On est un collectif anarcho-queer basé à Bruxelles qui s’organise en mixité choisie queer/tpg.

Point Queer

Un moment de rencontre mensuel calme et hors cadre festif, qui se déroule tous les premiers dimanches du mois.

Lors des PQ nous proposons des groupes de discussion, des lectures et des projections, ainsi que la possibilité de juste venir se poser entre nous.

Pride in the Park

Tous les ans au moment de la Pride officielle et en opposition à celle-ci, on réussit à fédérer des centaines de potes autour de la Pride VNR :

Cet évènement annuel contre la « gay pride » est une alternative politique pour se retrouver en communauté et boycotter la Pride raciste et homonationaliste de la ville de Bruxelles, ses partis et ses Rainbow Cops.

À cette occasion festive, une scène permet des discours rappelant le caractère insurrectionnel des prides à leurs débuts, et la perte de sens engendrés par les récupérations libérales de nos luttes, pour permettre un moment de convivialité communautaire le temps d’une journée.

Nous soutenons toute expression disruptive radicale pendant le mois qui précède, et lors des évènements de la Pride officielle.

Contact

Nous sommes un petit collectif et ne répondons généralement pas aux chercheur.euses universitaires ni à la presse.

#enfance

Des outils par qui et pour qui ?

Nous ne prétendons pas être capables de fournir un modèle alternatif, et sommes conscient.e.s que nous sommes aussi adultes. Nous voudrions seulement apporter l'idée qu'en cas de danger, les enfants doivent pouvoir se tourner vers des adultes de confiance.

Nous proposerons donc des outils pour que les adultes puissent soutenir les enfants en cas de besoin, et récolterons des ressources à destination des enfants quand nous en trouverons.

L'enfance comme domination oubliée

Nous avons toustes été enfants, et c'est en cela que cette domination est étrange et spécifique. Nous avons toustes subi, dans l'enfance, les affres liés à la dépossession de notre autonomie, de l'autorité que les adultes se sont octroyés sur nos choix (les leurs, finalement), parfois sur nos corps, toujours sur nos esprits.

Mais en devenant adultes, peu sont celleux qui renoncent à ce privilège en considérant les enfants d'un regard différent que celui qui nous a autrefois fait violence.

Au lieu de chérir la liberté de pensée des enfants et tous les mondes possibles d'une nouvelle société qui remplacerait la nôtre, les adultes s'emploient à les faire s'adapter à toutes les contraintes : la distinction et l'assignement de genre dès l'enfance, la compétition et la productivité capitaliste à travers l'école, et à terme, le conformisme sexuel, et la formation de familles reproductrices.

Nous postulons que les enfants naissent queer, et qu'il n'appartiennent à personne, et surtout pas à leurs familles, institution dans laquelle se manifestent plus que partout ailleurs les violences dont iels sont victimes.

L'éducation à la vie affective

Si les enfants n'ont pas de propriétaires, cela revient aussi à dire que l'obligation de leur fournir les outils de défense revient à tous les adultes. Dans la réalité, les familles et les institutions scolaires sont démissionaires en ce qui concerne les bases de cet apprentissage, alors qu'elles prétendent à l'exhaustivité de leur rôle.

Les cours d'éducation à la vie relationnelle, sexuelle et affective continuent d'éveiller la plus intense des paniques morales de la part de la droite et des autres conservatismes, et il nous est assez facile d'identifier cela en tant que queers, car nous sommes souvent l'objet de la peur des familles et de l'Etat.

Nous savons par contre, non seulement statistiquement, mais aussi pour avoir majoritairement grandi dans des familles normatives et hétéro, que ce ne sont pas nos parents qui nous ont rendu queer, que ce ne sont pas les queer qui nous ont plus maltraité que les autres, et qu'aucun spectacle drag ne nous a jamais agressé sexuellement.

En tant que queers, la société part du principe que nous ne pouvons pas avoir d'enfants, et que c'est tant mieux. En tant que queers, il nous faut toujours prouver que nous ne sommes pas dangereux pour les enfants des autres, et que nous n'allons pas faire d'eux des petits pédés ou pédettes.

Au lieu de s'attaquer aux vrais dangers qui guettent l'enfance à la maison, les familles préfèrent prétendre les protéger des soi-disant dangers de l'extérieur, en s'attaquant à tout ce qui ne s'y conforme pas.

Nous sommes donc en première ligne de ces attaques, en tant que traitres à la famille, et en tant que contestataires du modèle familial. En définitive, nous comprenons donc la menace que nous constituons pour eux, et aucune assimilation à ce modèle par le mariage, par exemple, ne nous rendra assez inoffensifves pour que les parents envisagent avec sérénité que leurs enfants deviennent queer.

L'enfant queer

En 2020, l'autrice transphobe et transmisogyne Abigail Krauser Shrier publie Irreversible Damage: The Transgender Craze Seducing Our Daughters. Un livre qui prétend traiter rigoureusement de la question des enfants trans tout en perpétuant les mêmes mythes transmisogynes qui ont surgi dans la sphère publique depuis les dix dernières années, de la contagion sociale de l'idéologie du genre, de la perversion soi-disant innée de nos corps.

L'essentialisme est l'arme la plus aiguisée dans l'arsenal des TERF*, et l'enfant sa proie la plus vulnérable. Celui-ci étant sous tutelle de parents, gardiens et adultes toustes susceptible à des abcès transphobes.

"Pensez aux enfants"

C'est un tel cliché qu'un article Wikipedia y est réservé. Depuis la popularisation de l'expression dans les années 1990 aux États-Unis, celle-ci s'est propagée dans la rhétorique occidentale autour de la censure. Il n'est pourtant jamais question des violences homophobes qui imprégnent toujours l'unité familiale ou encore les institutions scolaires, ni la criminalisation des bloqueurs d'hormones pour les mineurs. Sauf lorsqu'il s'agit pour affirmer la nécessité patriarcale de limiter et contrôler l'autonomie de celleux-ci. Les enfants invoqués dans ces discours ne sont rien d'autre qu'un idéal, un fantasme collectif. C'est une notion de l'enfant et de l'enfance profondément déshumanisante, particulièrement pour toustes celleux ayant déjà un vécu queer.

Les interventions médicales et chirurgicales d'assignation de genre ne sont acceptées que lorsqu'elles permettent le maintien de la binarité de genre, principalement avec les enfants intersexes qui passent sur les tables d'opération sans respect de leur volonté et de leur consentement.

ressources

  • Charlotte Bienaimé, Un podcast à soi, n° 61, "Climat incestuel : grandir sous la menace", 16 juillet 2025
  • Charlotte Bienaimé, Un podcast à soi, n° 43, "L'école de la violence", 5 avril2023
  • Charlotte Bienaimé, Un podcast à soi, n° 42, "L'autodéfense des enfants", 8 mars 2023
  • Johanna Bedeau, La Série Documentaire, L'inceste, 4 épisodes, 6 janvier 2022
  • Charlotte Bienaimé, Un podcast à soi, n° 24, "Inceste et pédocriminalité : la loi du silence", 4 mars 2020
  • Fun Home : A Family Tragicomic, Alison Bechdel, 2006