Front Q(UEER)

On est un collectif anarcho-queer basé à Bruxelles qui s’organise en mixité choisie queer/tpg.

Point Queer

Un moment de rencontre mensuel calme et hors cadre festif, qui se déroule tous les premiers dimanches du mois.

Lors des PQ nous proposons des groupes de discussion, des lectures et des projections, ainsi que la possibilité de juste venir se poser entre nous.

Pride in the Park

Tous les ans au moment de la Pride officielle et en opposition à celle-ci, on réussit à fédérer des centaines de potes autour de la Pride VNR :

Cet évènement annuel contre la « gay pride » est une alternative politique pour se retrouver en communauté et boycotter la Pride raciste et homonationaliste de la ville de Bruxelles, ses partis et ses Rainbow Cops.

À cette occasion festive, une scène permet des discours rappelant le caractère insurrectionnel des prides à leurs débuts, et la perte de sens engendrés par les récupérations libérales de nos luttes, pour permettre un moment de convivialité communautaire le temps d’une journée.

Nous soutenons toute expression disruptive radicale pendant le mois qui précède, et lors des évènements de la Pride officielle.

Contact

Nous sommes un petit collectif et ne répondons généralement pas aux chercheur.euses universitaires ni à la presse.

Témoignages

Ces témoignages s’inscrivent dans une série d’iniatives qu’organise le Front Q dans le but de créer des espaces pour mettre en partage nos savoirs de survie communautaires.

Nous proposons aux personnes qui le souhaitent un espace pour partager des situations vécues de homo/queerphobie lors de nos PQ mensuels.

Une révolution sans putes ni pédés

En 1977, quand je suis né, à Lisbonne, l’homosexualité était encore ilégale au Portugal. C’était seulement en 1982 que les rapports consensuels entre adultes du même sexe étaient dépénalisés. En 1974, peu après la révolution des oeillets, qui a libéré le pays de 48 ans de fascisme, le général Carlos Galvão de Melo, membre de la jointe militaire, a déclaré à la télévision, au sujet de la publication dans un journal du manifeste des homosexuels révolutionaires que «on n’avait pas fait la révolution pour les putes et les pédés».

Alors, d’abord il y a une nuit, cette nuit du fascisme, cet oubli de la différence qui caractérise toute forme de pouvoir. Mais aussi la nuit de ma propre enfance, l’oubli de mon corps, l’injonction à être autre chose que je n’étais pas. La première blessure de la sensibilité: l’étonement d’avoir un corps.

Il y a le silence. Les gens qui tournent le regard, qui font semblant de ne pas voir. «Toi aussi tu vas te marier, tu vas avoir des enfants». Et on les croit. Ma prof de Biologie quand j’avais 12 ans qui disait devant la classe: «Aujourd’hui l’homosexualité est à la mode mais c’est une maladie». Et moi enfant qui pensait: «Bien sûr, c’est une maladie».

Et puis il y a la violence banale des mots quotidiennes que tout le monde accepte et qui est une forme de lâcheté. Mon oncle au balcon voyant un couple de lesbiennes du quartier entrer dans leur voiture exclame: «Elles vont sortir les gouines.» Et je ne dis rien. Ma tante au déjeuner, devant toute la famille: «Alors, tu vas sortir avec une fille dès que tu arrives à Lisbonne?». Je réponds: «Il n’y a que des rencontres avec des filles.» «Alors, t’es pédé? Mes condolences». Je ne dis rien. Mes parents ne disent rien. Personne ne dit rien.

Il y a le mensonge: mentir à soi-même et à autrui. Et il y a une violence énorme, souterraine, qui implose. Je buvais bière après bière tout seul chaque soir. Je me soulais pour oublier quelque chose que je ne savais plus ce qu’était. J’avais des blackouts C’était pour fermer les yeux à la lumière de ma jeunesse qui s’écoulait sans qu’aucun visage aimé l’incarne et le dise en mots. C’était pour oublier le désespoir qui me suivait chaque fois que je tombais amoureux d’une femme.

Il y avait des autres comme moi, bien sûr, qu’on croise dans la rue ou dont on entend parler dans les conversations. Dans le métro, une fille qui parle: «Mon cousin est incapable de garder un boulot. Et le pire c’est qu’il démissione et ne va pas demander son argent. Il est allé voir une petite amie de l’ internet et il est revenu et s’est mis au lit. C’est toujours comme ça. Il se met au lit et ne sort pas pendant des semaines». Une fois j’ai rencontré un voisin dans la rue. Il se lance dans mes bras en pleurant. Je vois qu’il est ivre. Il me dit: «Je suis homosexuel». Et je fais semblant d’être héterosexuel tout en le consolant…

Le mensonge entraine la maladie mentale. La solitude, la dépréssion, l’indécision, l’incapacité d’agir, la compulsion à la répétition. Et la vérité jaillit en toute violence: lapsus linguae très embarrassants. On s’en doute qu’on ne vit pas dans le monde réel. Qu’on vit trop dehors ou trop dedans, ce qui revient fondamentalement à la même chose. Qu’on pleure comme des enfants pour causes imaginaires. Tout nous heurte, tout nous blesse dans notre labyrinthe.

Mais il y a une dignité à se mesurer avec le réel à la distance juste. Et une espèce de certitude sensible à retrouver finalement son corps. Parce que l’ homosexualité c’est le droit à avoir un corps, et donc, en toute rigueur, à avoir une place dans le monde. Il s’en suit que c’est aussi une condition d’égalité, de regarder les autres en face et de partager le monde. Une condition d’amitié. Une politique.

Consentement et commu gay
Applis et consentement
Dans la rue
Dans la rue: se protéger
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Famille et transidentité